Le cordonnier et les lutins (Švec a skřítkové)

Il était une fois un cordonnier qui travaillait très dur et faisait de très belles chaussures.Cependent,l’argent qu’il gagnait n’était pas suffisant pour le faire vivre.Il lui resta seulement assez de cuire pour faire une seule paire de souliers.Ce soir-là,il coupa et tailla le cuir afin de faire des souliers le lendemain matin. 

Puis,triste et fatigué,il alla se coucher. 

Le matin il se leva en même temps que le soleil et allait se mettre a l’ouvrage.Quelle surprise!Devinez ce qu’il vit sur son établi…Les chaussures prêtes et finies!Le brave homme en resta tout abasourdi;il examina les souliers et les trouva parfaitement cousus. 

Le jour mème,un client entra dans la boutique et les acheta.Comme ils étaient de bonne qualité,il n’hésita pas a les payer le double du prix habituel. 

Avec l’argent,le bottier se procura assez de cuir pour faire deux autres paires de souliers.A nouveau,il les tailla et les laissa sur la table le soir,pensant les achever le lendemain.Mais,quand il s’éveilla,le travail était déjà fait.Les chaussures se vendirent aussi bien que les précedentes et le cordonnier reçut assez  

d’argent pour faire quatre nouveaux paires de souliers. 

Cela se poursuivit ainsi durant des semaines et des mois.Chaque soir,le cordonnier coupait soigneusement le cuir,puis se couchait.Et chaque matin,il retrouvait les souliers cousus,alignés sur l’établi:huit paires d’abord,puis douze,puis vingt… 

Il eut tellement de clients qu’il put acheter de plus belles peaux.Il fit de hautes bottes pour les gentilhommes qui partaient chasser a cheval,de légères pantoufles de soie,de velours et de brocart pour les belles dames. 

En un an,le cordonnier acquit ainsi une petite fortune et une grande renomée.Il souhaita alors partager sa prospérité avec ses aides invisibles. 

Une nuit,il se cacha avec sa femme derrière la porte de l’atelier afin de savoir qui ils étaient. 

A minuit,deux petits hommes tout nus,pas plus hauts que trois pommes,apparurent et cousurent en un tour de main toutes les chaussures.Puis ils disparurent.La femme du cordonnier fut très affligée de les voir aussi peu vêtus.Elle se mit aussitôt a l’ouvrage et leur fit de beaux vêtements pendant que son mari confectionnait deux paires de pantoufles de soie pointues.Ils déposèrent ensuite leurs présents sur la table de travail a la place qu’occupaient habituellement des chaussures.Ils attendirent a nouveau l’arrivée des lutins. 

A minuit,les lutins arrivèrent pour se mettre au travail.Quand ils trouvèrent sur l’établi,au lieu du cuir,les petits vêtements préparés pour eux,ce fut une explosion de joie.Ils s’habillèrent dans un clin d’oeil,puis se mirent a danser dans l’atelier,sautant par-dessus chaises et bancs,pour gagner finalement la porte et s’en aller.On ne les revit jamais plus. 

Cependant,le cordonnier demeura riche et sans souci jusqu’a la fin de sa vie.