Quand le chene se feuillera (Až opadá listí z dubu)
Quand quelqu’un ne veut pas faire ce que on lui demande, on dit d’habitude :
« Quand j’aurais le temps. »
Certains disent aussi :
« Quand les poules auront des dents »
Ou ils se mettent la main bien bas et disent :
« Quand ma barbe sera comme ça. »
Je connais pourtant un village où on dit dans ce cas :
« Quand le chêne se défeuillera ! »
Et je vais vous raconter pourquoi et comment cet adage est entré dans les mœurs de la région.
Cupera, fermier d’un petit village près de Prague, buvait beaucoup. Il avait dépensé toutes ses vaches, ses chevaux, son chariot en boisson. La ferme avait de telles dettes que même les voisins l’évitaient de peur que Cupera ne leurs demanda encore de l’argent.
Cupera avait une jolie femme avec les grands yeux noires. Elle s’appelait Julinka. Elle lui disait souvent :
« Prends une décision : c’est moi ou l’eau-de-vie ! »
Elle le ranimait toujours lorsqu’on le ramenait de l’auberge plus morte que vif et on le déposait sur le fumier comme sur un trône.
Cupera parcourut ses champs en pensent à Julinka. Les champs des voisins verdoyaient. Sur les siens il n’y avait que des chardons et des mauvaises herbes. Cupera pensa à Julinka. Il pensa à ses yeux qui n’étaient plus brillants, ses yeux qui pleuraient souvent. Avoir de l’argent, il irait au zinc pour oublier !
Il avait fait très chaud.
Cupera traîna et tout à coup non loin de lui un remous d’air se souleva, tourna, se dansa, crût en volume de plus en plus et il souffla si puissamment qu’il fût tomber Cupera dans les chardons.
« Mordyje hadry, quel diable ai-je tiré par la queue? ! »
« Justement !
Ca fait long temps que je vous observe, monsieur Cupera. Vous vous conduisez très, très mal ! Je peux vous aider ! Si vous voulez, naturellement ! »
« Belle demande ! Jemine, sans doute . ! »
Ils se sont mis d’accord pour que les champs de Cupera soient avant le matin enfumés, labourés, traités et semés en rangs croisés, donc tout le nécessaires. Mais Cupera devra faire la moisson lui-même en s’assurant une aide suffisante parc que les épis auront quatre fois plus de graine.
« Bon, merci beaucoup ! »
« Attendez, attendez, monsieur Cupera. Toute paine mérite salaire ! »
« C’est vrai, on peux partager la récolte ! »
« Oh là là là, monsieur Cupera, vous prendriez la moitié supérieure
des céréales et je recevrais la part inférieure, n’est pas ? Vous prendriez la moitié inférieure des patates et des raves et la supérieure resterait pour moi, n’est pas ? Cette histoire, monsieur Cupera, je lai déjà entendu à Predborice, dans l’année 1911. Certain monsieur Podliska me la raconté ! Je ne suis pas dupe, monsieur Cupera ! »
« Et qu’est-ce que vous voulez ? Je n’ai pas un sou vaillant ! »
« Nous avons un tarif spécial pour les clients dans le déclin économique. Vous signerez, monsieur Cupera, de votre sang. De votre propre sang, naturellement. Vous vous engagez à nous remettre ce que vous ne savez pas que vous avez chez vous. »
Cupera pense : que peut-il avoir chez lui sans le savoir ? Julinka, il le sait, l’armoire, il le sait, les étables sont vides, il le sait aussi, le crucifix aussi, le pigeonnier....
« Autant que je sache, ça doit être quelque chose sans valeur.
Donc tope-la! Et quand vous viendrez le chercher ? »
« N’importe quand… »
« Pourvu que je sois disponible! »
« Vous le serez ! Vous le serez parce que nous avons pour vous une promotion ! Nous irions chercher la obligation contractuelle sur la selle dune créature bizarre. Si vous alliez à notre rencontre sur la selle dune créature encore plus bizarre, votre engagement sera annulé. Voulez vous signer ? »
« Mordyje, je doit dire… enfin je dis que c’est…c’est ….
« C’est une affaire qui marche, n’est pas ?
Cupera se piqua au pouce et signa.
(Quand il rentra a à la maison il tomba nez à nez avec une sage femme)
« C’est un garçon! »
(Cupera tomba évanoui)
La récolte était énorme ! Les spécialistes de comité de district vinrent chez Cupera. Ils prirent des échantillons du sol. On parlait de ses méthodes dans toute la région.
Cupera remboursa ses dettes par acomptes. Il buvait mais pas tellement et pas aussi souvent. Les voisins cessèrent de l’éviter et Cupera avait chaque année une récolte toujours meilleure. Las voisins se ne dérobaient plus. La récolte s’améliorait d’année en année. Julinka ne pleurait plus. Malgré cela il y avait quelque chose qui clochait chez eux. « Vous vous engagez à nous remettre ce que vous ne savez pas que vous avez chez vous. »
Cupera avait peur ! Il attendait chaque heure, chaque minute chaque seconde le moment ou il viendrait chercher son petit fils, Jenik.
( Un jour qu’il était assis au pied du pommier, un fruit tomba sur sa tête. Cupera leva les yeux. Un bout de papier était enfilé sur une branchette. Il y avais trois mots sur ce papier : dans une semaine ! Cupera savait a quoi sen tenir. Il était pris de panique. Il ne savait pas quoi faire. Il commença à barricader sa maison et acheta un fusil. Après il abandonna de barricader et il voulut s’évader avec sa femme et avec Jenik.
« Mais où et pourquoi ? » demanda Julinka.
Cupera criait, râlait, il s’enivrait, s’enivrait effroyablement !
La semaine passa. Cupera arrivait à bout de ses forces. Alors il prit une corde et partir vers le cimetière pour se pendre. Mais il n’avait pas le courage. Il s’accroupit sur le sol et se mit à pleurer.)
Une vieille mendiante passait le long du cimetière. On l’appelait Pompadurka. Elle était très vieille et très laide. Les gens lui donnaient de la monnaie pour quelle dégage le plus vite possible. Elle entendit les pleurs derrière le mûr et entra dans le cimetière.
« Que s’est il passé ? » demanda-t-elle à Cupera.
Cupera lui raconta tout. Ce qu’il n’osait pas dire en public, il raconta à la vieille mendiante. Peut-être parc que personne ne la considérait comme un individu normal.
La vieille l’écouta attentivement.
« Tu sais, Cupera, c’est la faute du rhum. J’étais à Brème pendant ma jeunesse. Oh lalalala, moi aussi j’ai longtemps caressais la bouteille. Jette un coup d’œil sur moi ! Vois ce que le rhum a fait dune jolie fille ?
Je vais t‘aider! »
« Et comment vas-tu faire ? »
« Aujourd’hui le diable doit venir sur une créature bizarre, n’est pas? »
« C’est bien ça ! »
« Les diables d’habitude arrivent par le sud. Grimpe dans cet arbre et dés que tu le vois, là-bas sous les rochers, saute sur mon dos et nous irions à sa rencontre. Mais tout d’abord apporte du miel, un édredon et une queue de cheval. Grouilles toi ! »
Cupera n’avait pas le temps d’entrer dans le s détails.
Il fut très vite de retour, couvert de transpiration, avec tout, ce que la bonne femme avait demandé.
« Et sur l’arbre! » commanda Pompadurka.
Le temps que Cupera grimpa sur l’arbre, la vieille sétait dévêtue, s’était enduite de miel, avait déchiré l’édredon. Et vautre tout le douvet d’oie sur la collante.
Cupera cria :
« Il arrive ! »
« Sur quoi ? »
« C’est petit, c’est roux. Mordyje, un renard. Il arrive sur un renard ! »
« Hoho, beaucoup de bruit pour rien ! Il va s’étonner ! »
« Vous avez gagné, monsieur Cupera, » dit il et déchira le contrat. Après il se tourna vers Pompadurka : « Par cette bonne action, tu as effacé tous tes péchés de Brème. Mes félicitation! »
« Pourtant il n’y en avait pas tellement, » rougit Pompadurka.
« Mais cela suffisait. (Je n’en voudrais pas jeter par-dessus le mûr), » sourit le diable, cabra le renard et trotta vers la forêt.
Chacun demandait avec étonnement pourquoi Cupera construit une maison pour Pompadurka et pourquoi il lavait envoyée dans la station thermale à sa charge.
On se disait que Cupera était un homme bizarre et qu’il pouvait encore causer de nombreuses surprises. Cupera habituellement si triste s’était changé en un gai luron. Il chantait du matin au soir et dansait avec Julinka. Il travaillait comme un lion tout pour Jenik et pour les yeux de Julinka.
Il y avait beaucoup d’hommes qui savaient lever le coude pour boire un coup, mais peu d’entre eux savaient le faire avec autant de bravoure que Cupera.
Maintenant, n’ayant plus de soucis avec Jenik, il lui fallut peu de temps qu’il se remette à boire comme avant qu’il ne rencontre le jeune homme en habit couvert de poussière.
Un jour on avait refusé de servir à boire à Cupera, car il était criblé de dettes. Cuera eut beau crier, menacer tant qu’il pouvait donc l’aubergiste le saisit et le jeta dehors comme un sac.
Cupera se traîna vers la maison. Il arriva dans l’endroit où à l’époque un remous d’air se soulevait.
Il jeta un coup d’œil autour de lui mais il n’y avait pas âme qui vivait.
« Le diable, » murmura-t-il, « le diable! »
Et le diable surgit à ses côtes. Le même comme adonc. Il dit :
« Justement on a reçu la liste de prix avec nombreuses nouvelles offres et il passa une brochure avenante (soignée) à Cupera, vous pourriez vous intéresser à la page 111, l ‘article : le bouleversement familial. »
« Je connaît seulement une chose qui pourrait m’intéresser, monsieur représentant, » Cupera dit dun manière distinguée, « Comment désapprendre à boire ? »
« Désapprendre à boire ? Cher monsieur, parmi les bonnes actions, c’est la plus ...la meilleure de toutes. Pourtant il est de notoriété publique que notre entreprise se spécialise dans le sens, je dirais, opposé. »
« Je vous donne mon âme ! »
Le diable se tut. Il observa le fermier longtemps et après il sourit :
« Est-ce que vous ne voulez pas me rouler comme à l’époque vous avez fait avec madame Pompadur ? C’était véritablement réussi. J’ai longtemps diverti par cette histoire ! »
« Je vous donne mon âme. Je ne cherche aucun de promotion. »
« Savez vous, monsieur Cupera, que ce sera l’enfer pour apprendre à ne plus boire ? Seulement de sueur, de larmes et de sang, trois mois en vivant ! Et après votre morte, vous serez à nous en supposant que la proposition passera par la procédure d’approbation avec succès. Ce n’est pas un commerce ordinaire! »
« Trois mois, c’est trop ! Je ne veux pas que mon fils ou Julinka… »
« Naturellement ! Le temps est un composant très relatif. Le coefficient de la vitesse de mouvement joue en ce cas un rôle important. En plus notre entreprise dispose d ‘un équipement qui raccourci les trois mois en deux heures terrestres. Si vous voulez nous commençons immédiatement. Vous devez montrer de la bonne volonté. La volonté, c’est à vous l’introduire dans notre projet, c’est à vous et seulement à vous ! »
« Et quand voudriez vous venir chercher mon âme ? »
« Fixez le délai vous-même. Il est vrai que ce n’est pas un usage courant mais après votre histoire avec Pompadurka, vous méritez des avantages. Bon, quand est-ce que ça vous arrange, monsieur Cupera ? »
« …On peut dire… » Une idée se présenta à son esprit. Cupera leva les yeux sur les yeux de diable :
« Quand le chêne se défeuillera ? »
« Pourquoi pas ?! »
Donc Cupera signa.
« Asseyez vous, taaaaaaak, confortablement. Fermez vos yeux, monsieur Cupera, taaaaaak, et maintenant, ouvrez les! Ce na pas fait mal, n’est pas ? »
L’ENFER
(Ils envoyèrent Cupera à l’inspection générale de la région Tchéquie, la porte n° 111. Là bas Cupera retrouva le jeune homme en habit couvert de poussièreJ
« Asseyez vous, monsieur Cupera! »
Cupera obéit et le diable continua:
« Maintenant vous ne boire plus. Si vous ne le désirez pas bien sûr! Jusqu’à présent, votre volonté ne vous a pas trahi. »
« Je n’ai pas peur! »
« Je n’en doute pas! Donc voilà la copie du contrat. Quand le chêne se défeuillera, c’est bien comme ça, n’est pas? Il y a le printemps. Alors profitez en bien! Maintenant, fermez vos petits yeux! »
Quand Cupera ouvrit ses yeux, il était assis dans son champ. Et suivant le soleil, c’était environ deux heures après sa décision de ne plus boire.
Ses premiers mots furent adressés à Julinka :
« Je ne boirai plus ! »
Elle lui fit un sourire. Cupera vit que elle ne le croyait pas. Il lui ne restait donc qu’à être patient et faire ce qu’on n’aime pas laisser les mots et faire ses preuves. Ils labourait, semait, fauchait, fanait, récoltait. Il parfois chantait, parfois jurait comme chacun. Il retournait aussi à l’auberge mais il ne buvait plus. Il ne buvait plus!
L’automne s’approcha. L’automne passa, les arbres perdirent leurs feuilles.
Cupera restait chez lui et disait pour lui seul que ce serait bon d’avoir une petite sœur pour leur fils, pour avoir à la maison deux paires de beaux yeux comme ceux de Julinka.
Il jouait avec Jenik quand quelqu’un frappa à la fenêtre. Le garçon se précipita et il revint tout de suite:
« C’est un monsieur tout couvert de poussière; pour toi, papa! »
Cupera mit son manteau.
« Je reviendrai avant le dîner, »dit-il à Julinka et sortit.
« Qu’est-ce que je peux faire pour vous, monsieur? » lui demanda Cupera. Le diable sortit le contrat et le montra au fermier.
« Eh bon, on va y aller par la forêt. »
« Vous ne voulez pas faire vos adieux à votre épouse et votre fils? »
« Même pas… » lui répondit Cupera et se mit en route.
Ils allèrent vers la forêt et Cupera demanda sans arrêt comment ça va là bas, dans l’enfer? Monsieur le Professeur est-il en forme? Avez vous toujours autant de clients?……? Il tint une conversation comme dans un salon.
Quand ils arrivèrent au bord de la forêt, le diable s’arrêta et dit:
« Monsieur Cupera, vous m’avez beaucoup surpris! Je m’attendais que vous demanderiez de un sursis et pourtant vous marchez dans l’enfer comme pour une promenade. »
« Mais c’est une erreur, mon jeune homme, je ne vais pas dans l’enfer. Je veux simplement vous montrer sur place quelque chose qui a échappé à votre attention. Veuillez avoir l’amabilité d’examiner les arbres. Alors que les autres feuillus ont les branches nues, les chêne ont des feuilles. Jeunes, il faut le dire, mais sur les branches. Et ils les auront jusqu’au printemps. Au fait le chêne n’est pas jamais sans feuilles. Bonne journée et adieu! » dit-il et retourna vers la maison.
Le diable resta interdit, les bras ballants. Puis il se mit en colère et il commença effilocher et arracher toutes les feuilles de chêne.
Il n’obtint rien.
Seulement depuis ce temps, les feuilles de chênes sont déchiquetées.
Cupera na plus jamais bu. Après le baptême de la petite fille avec les mêmes yeux que Julinka, des imbéciles lui présentèrent un petit verre d’alcool pour qu’il fête aussi l’événement.
« Quand le chêne se défeuillera, » répondit Cupera.
Voilà pourquoi c’est entré dans les mœurs de la région cet adage, pas l’abstinence.